Jeannette Gros, présidente de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole » La France Agricole » – Comment voyez-vous l’organisation d’une prévention des accidents du travail pour les exploitants?Jeannette Gros – » Pour les non-salariés agricoles qui regroupent à la fois les agriculteurs et d’autres professions comme les bûcherons indépendants, nous souhaitons que la prévention passe par des actions collectives qui nous semblent les plus porteuses. En effet, cette approche se fait facilement en partenariat. Ensuite, les actions de groupe n’ont pas un coût très élevé. Enfin, elles pourraient être de même nature que celles réalisées à destination des salariés avec, bien sûr, un partage précis des dépenses. Le principe des visites individuelles auprès d’un médecin du travail existant pour les salariés pourrait être appliqué en priorité à des groupes ciblés comme les jeunes agriculteurs. « » F.A. » – Quel dispositif pensez-vous proposer?J.G. – » Nous voulons un dispositif obligatoire de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles pour les non-salariés agricoles. Si nous proposions un dispositif par adhésion personnelle, seuls les gens convaincus de la nécessité de la prévention adhéreraient. Il faut que les actions soient ouvertes à tous. C’est un enjeu extrêmement important. La MSA toucherait ainsi l’ensemble des actifs agricoles, salariés et non-salariés. « » F.A. » – Comment un tel système serait-il financé?J.G. – » Cette question n’est pas simple. Il faudrait partir sur une cotisation obligatoire. Celle-ci serait faible, entre 50 F et 500 F par exploitant et par an. Mais il y a un autre problème, il nous faudrait trouver un système qui permette de faire baisser les cotisations d’assurance si les accidents baissent à la suite de notre travail de prévention. « » F.A. » – Quel est le calendrier envisagé?J.G. - » Actuellement, le dossier est ouvert au sein de la Caisse centrale de Mutualité sociale agricole. Mais c’est quelque chose que nous ne pourrons pas faire avancer seuls. Nous devons avoir l’adhésion de la profession agricole et du ministère de l’Agriculture. Ce sera un des dossiers du premier trimestre 1998 à discuter en priorité avec ces interlocuteurs. Nous pensons que la MSA pourra faire une proposition très construite à la fin du 1er trimestre 1998. «
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